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PROJET CAMBODGE INTEMPOREL

Depuis 2009 je parcours le Cambodge, l’oeil dans le viseur, de la Mystérieuse Cité d’Angkor aux ruelles oubliées de Phnom Penh en passant par les villages flottants du Lac Tonlé Sap.
Au fil du temps, et à raison de 2 à 3 voyages par an, je découvre plus en profondeur ce pays en équilibre entre 2 mondes. Très vite j’apprends à connaître, avec une réelle empathie, une population prise en étau entre le modernisme anarchique qui s’impose et la volonté de préserver des traditions ancestrales ancrées dans le quotidien de chaque génération qui peuple ce pays. Un peuple meurtri par le Génocide perpétré par les Khmers rouges de 1975 à 1979. C’était hier !

 

Touch, un Cambodgien amoureux de son pays me dit souvent : « on pardonne mais on n’oublie pas ! ». Il est le reflet de cette génération un peu trop jeune pour avoir de réels souvenirs du Génocide, trop âgé - 40 ans - pour ne pas être meurtri par la violence qui a marqué la génération de ses parents. Chef d’entreprise, le smartphone greffé à l’oreille, il me fait découvrir depuis des années une population touchante et respectueuse des coutumes. Pour lui, comme pour tous les gens de sa génération, l’équilibre s’établit en combinant l’envie de vivre le XXIème siècle, profitant du modernisme, et le désir de rester fidèle aux traditions de ses racines.

 

S’imposant à moi comme une évidence, mon projet « Le Cambodge Intemporel » est né de la volonté de partager, à travers la publication d’un livre « la photographie » d’une population, toutes générations confondues, qui tente de se préserver des assauts des touristes et des grosses entreprises internationales prêtes à tout pour se nourrir de ce pays vulnérable. 

Le travail issu de mon parcours tout au long de ces années donne une vision inquiète de la situation mais se veut néanmoins optimiste. Mes photographies montrent un Cambodge Intemporel qui fait face de façon responsable aux agressions de l’Homme sur son environnement. 

 

Un Cambodge qui résiste à l’emprise du modernisme ... De la cité d’Angkor au Golfe du Siam et depuis 10 ans je photographie la population en Noir et Blanc pour marquer de mes images l’intemporalité, l’âme de sa population et la beauté de ce pays.

Les magnifiques Temples d’Angkor se détériorent progressivement sous mes yeux sous les pas de près 5 millions de visiteurs (en 2018) mais la force de 1000 ans d’Histoire est palpable.

 

La vie lacustre du Lac Tonlé Sap, plus grande réserve d’eau d’Asie du Sud Est, est fragilisée par la pression d’intérêts économiques en Amont avec la construction de barrages sur le Fleuve Mékong. Leurs effets sont connus et aboutissent au déséquilibre de la biosphère unique de la région. La vie des gens de l’eau est en péril, néanmoins la vie peut être douce à qui veut bien s’attarder en ces lieux magnifiques.

 

Phnom Penh est la scène inquiétante du déséquilibre qui s’opère avec pour résultat la transformation de nombreux quartiers. Les Tours infernales viennent côtoyer les vieilles ruelles paisibles restées sous le sceau du respect des traditions. J’aime déambuler dans les rues de la capitale au coeur de ces quartiers qui portent l’empreinte du passé. A cette occasion, des rencontres improbables et des scènes de vie d’un autre temps sont autant de petits bonheurs dont je souhaite garder trace tout en partageant au travers de mes photographies.

 

Une sélection de quelques 200 images va donner naissance à un premier livre photographique, « LE CAMBODGE INTEMPOREL ». 1000 ans d’histoire, des Temples d’Angkor aux rives du Golfe du SIAM, pour sensibiliser l’opinion publique à ce qu’il reste de plus beau et qui doit être préservé. Ce livre photographique se veut d’abord et avant tout un hymne à l’espoir.

 

Aujourd’hui je vous présente dans ce Portfolio 10 photographies des ruelles du quartier U’Russei de Phnom Penh.